En Afrique, où se trouve la plupart des grands aquifères, le volume d’eau douce souterraine est 175 fois supérieur à celui des fleuves et des lacs confondus.
On accorde pourtant plus d’attention, d’appui et de ressources financières aux eaux de surface, et les ressources souterraines sont actuellement sous-utilisées, la consommation annuelle mondiale étant d’environ 800 km3, soit 20 % seulement du volume total des prélèvements annuels d’eau douce (OMM, 1997).
Dans le cadre du Programme de gouvernance de l’eau du PNUD, on estime que 42 pays africains n’atteindront pas les objectifs fixés pour l’ODM lié à l’eau à l’horizon 2015 si le statu quo est maintenu. Pour ce qui est des investissements, face aux besoins de la population, à la question du développement durable et aux ODM, il est impératif de dresser la cartographie des ressources en eau souterraines de l’Afrique et de les mettre en valeur durablement.
Le PNUD est l’un des principaux acteurs qui préconisent au niveau mondial la mise en valeur et l’utilisation durable de ces ressources pour réduire la pauvreté. À titre d’exemple, dans le cadre du Projet PNUD-FEM de mise en valeur du désert de l’Est égyptien, une méthode a été mise au point pour mesurer le niveau d’alimentation des nappes souterraines à la suite de crues subites. Il pourrait s’agir là d’une solution d’adaptation intéressante au regard de l’augmentation prévue des crues subites dues aux changements climatiques.
Les projets relatifs aux eaux souterraines couvrent généralement plusieurs pays et font intervenir plusieurs partenaires.
L’aquifère nubien constitue le plus vaste aquifère fossile au monde, couvrant une superficie de 2 millions de km2 à travers la Libye, l’Égypte, le Tchad et le Soudan.
Les principaux éléments d’un projet du FEM conjointement administré par le PNUD, l’AIEA et l’UNESCO incluent la cartographie des ressources de l’aquifère, le renforcement de la coopération dans le cadre d’un plan d’action arrêté d’un commun accord, et la pleine intégration du Tchad et du Soudan à l’Autorité conjointe faisant office d’organe régional.Au nom de l’ONU-Eau et en partenariat avec des acteurs privés et publics, l’UNESCO a mis sur pied un vaste programme d’évaluation des ressources en eaux souterraines baptisé WHYMAP.
S’inspirant de ce travail scientifique et prenant en compte le volet gouvernance, un projet panafricain du PNUD, financé par le FEM et faisant suite au forum de dialogue de Petersberg parrainé par l’Allemagne, fournit à la Conférence des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW) des éléments bien précis pour traduire en réalité la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2025.
Exécuté en partenariat avec des organismes africains et internationaux, le projet s’attache à réduire l’écart entre eaux de surface et eaux souterraines d’une part et entre techniciens et politiciens d’autre part, en donnant aux organisations chargées de gérer les bassins hydrographiques les moyens de prendre en compte les eaux souterraines et en ciblant les parlementaires, les ministres chargés des finances et les médias pour mieux faire comprendre la problématique des eaux souterraines et le rôle de ces dernières.
De tels projets illustrent la manière dont le PNUD et le FEM œuvrent ensemble à la réalisation des ODM et à la fourniture d’un accès équitable et sûr à l’eau face aux incertitudes mondiales croissantes.
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